Sandro di Carlo Darsa - Photographe Reporter
Posté par admin le 9 juil 2008 dans Photographes pro et semi-pro • 3 commentairesAmoureux de son travail, Sandro est un photographe très talentueux. Il travail pour l‘agence Photoalto ainsi que pour la presse courante. Grâce à un regard aiguisé, à une parfaite maîtrise des techniques photographique et à un chouia de culot, il a su se faire une place dans le monde de la photo. Il nous fait aujourd’hui partager sa passion à travers ces quelques lignes.
1- Comment et pourquoi avez vous commencé à photographier ?
J’ai fais mumuse avec un petit appareil argentique quand j’avais 13 ans, j’étais aux USA en famille d’accueil, je suis revenu avec 30 péloches en 3 semaines…N&B, couleur, tout y est passé, j’ai tout testé sans me soucier de la technique, j’ai juste cadré. Mais après ce moment de découverte j’ai arrêté pendant 4 ans pour redécouvrir la photographie plus sérieusement…
2- Pouvez vous nous décrire en quelques mots votre parcours ?
Autodidacte volontaire et fanatique. J’ai tout découvert par le challenge personnel, en faisant et refaisant et en regardant tous les livres de photos (ou d’histoire), que j’aime ou non ce que j’y vois.
3- Quels sont vos domaines de prédilection ? Pourquoi ?
J’ai fait instinctivement des photos d’architecture, avoir une mère architecte aide à se former l’œil… Ce domaine est pour moi facile d’accès donc sans trop de découverte, pas comme le portrait par exemple. Mais ce qui m’attire le plus reste la photo sur le terrain, l’imprévu du voyage ou des affrontements humains.
4- Beaucoup aimeraient réussir d’aussi belles photos ! Quels conseils pourriez-vous leur donner ?
La belle photo est une photo construite et qui raconte une histoire. Lorsque le sujet, la lumière et le cadre sont bons il ne reste plus qu’à y mettre du sien, rajouter ce qui va faire parler l’image. Si le sujet est fort alors il suffit d’être présent et de se faire accepter puis d’intégrer la situation pour la rendre plus personnelle. Dans le cas de sujet abstrait, ou purement figuratif il faut trouver le petit plus narratif.
5- Vous êtes aujourd’hui un professionnel établi. Comment en êtes vous arrivé là ?
C’est un peu tôt pour dire « établi » mais j’y travaille, promis.
6- Parcourez-vous régulièrement un forum ? Ou faites vous partis d’un collectif ? Club photo ?
Rien de tout cela sérieusement, virusphoto.com de temps en temps.
7- Quel matériel utilisez-vous ? Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?
La majorité de mes photos est faite avec du matériel numérique haute définition. Le Canon 1Ds III (21mpx) permet de réaliser des images avec des détails incroyables mais aussi de bénéficier d’objectifs spécialisés. Je fais toujours une photo dans l’idée d’une exploitation réelle donc je n’ai pas de petit appareil photo, pour les souvenirs de soirée je prends aussi le Canon… J’utilise un Hasselblad pour des prises de vue plus rares et personnelles.
8- Pouvez nous en dire plus sur votre travail. Quelle est votre vie de tous les jours ?
Je travaille actuellement pour une agence photo, ce qui engendre des productions à l’étranger, séries thématiques etc… J’autoproduis des reportages-voyages à l’étranger, c’est ma façon de respirer et de revenir avec des histoires humaines importantes. Parallèlement à ça je continue mes études d’architecture. Si les journées pouvaient être plus longues cela serait plus simple.
9- De votre point de vue, quelle est la chose la plus importante à maîtriser dans la photo ?
- Il faut aimer son travail pour pouvoir le montrer. Cela se verra et remplacera un long discours explicatif.
- La culture photographique et générale sont des outils de création obligatoire pour la photographie.
- La maîtrise des techniques me semble obligatoire pour pouvoir oublier qu’on les détient. On fait ensuite des photos sans se soucier des aspects techniques et on laisse la magie agir.
- Le culot est nécessaire, mais attention à ne pas tomber dans la vulgarité. Les relations humaines sont subtiles et il faut l’accord de l’Autre, un geste peut parfois suffire.
10- Une fois la photo prise, comme l’exploitez vous ? Shootez vous en RAW ? Y a-t-il un gros travail de retouche ?
J’ai des valeurs précises en Photographie, l’important pour moi reste le moment de prise de vue, pas la retouche ‘made in Computer’. On apprend beaucoup avec les photographes classiques sur ce sujet. Si la photo est raté c’est dommage mais c’est comme ça, on apprend de ses erreurs.
Oui à la correction mais non à la transformation complète comme cela arrive de plus en plus chez les « nouveaux photographes ». Le RAW permet les corrections usuelles de la chambre noire sans détériorer l’image, cela me suffit amplement.
11- Comment définiriez-vous votre style ?
On a écrit sur mon travail « Humaniste et cadrage précis, regard critique et insolite sur la vie. » Mais le style importe peu pour moi, tout se fait très rapidement, d’instinct. Mon gout pour l’éphémère prend le pas sur la mise en scène et le cadrage se fait automatiquement, j’ai besoin de lui pour structurer une sensation.
12- Êtes-vous satisfait de vos photos ?
Rarement…C’est l’éternel insatisfait et perfectionniste qui vit en moi qui fait les editings une fois rentré. Un perfectionniste n’est, par nature, que rarement satisfait…
13- Quel est le point de départ d’une photo ? Une commande ? Un évènement ? Une émotion ?
Tout est un point de départ, j’ai appris à mettre en valeur un sujet sans intérêt mais aussi à retranscrire une émotion intime. Les commandes, productions ou recherches personnelles se font toujours avec ferveur et spontanéité.
14- Quels logiciels utilisez-vous ?
Lightroom pour les corrections et la gestion des flux.
15- Y a t il une photo dans votre portfolio que vous affectionnez particulièrement ? Pourquoi ?
Non, en fait je me refuse à m’attacher à des photos. Le principe de la photographie est pour moi de montrer, partager ou vendre. Donc je ne veux pas m’attacher à une image qui sera vu par des centaines de gens. Les rares images qui me sont chères je ne les mets pas sur mon portfolio…ou alors elles ne sont pas de moi.
16- Quel regard portez-vous sur la photographie aujourd’hui de manière générale ?
Je ressens une volonté des particuliers à se tourner vers une photographie de retouche plus proche d’un travail informatique (non négligeable mais loin des valeurs que j’affectionne). Au niveau des professionnels je ne parlerai que des photographes de presse et plus précisément ceux qui produisent les photos d’actu, je regrette une perte de qualité flagrante au profit d’une plus grande réactivité. Le regard du photographe importe peu, c’est le moment qui devient photographie, j’ai l’impression de voir des photographies identiques peut importe les sujets, elles ne font qu’illustrer sans raconter. Le grand reportage se fait rare et c’est bien dommage, il permet à mon sens un réel point de vue autre que celui, fade, des mass médias.
17- Si vous deviez citer UNE référence en la matière, quel serait elle ?
Voir réponse suivante
18- Quels sont les photographes que vous admirez ?
Lucien Hervé, pour la sensibilité organisée dans des cadrages parfait et pour le jeu fort des lumières franches.
James Nachtwey, pour la force tranquille, l’organisation technique et sa capacité à se faire accepter et oublier en plein « combat ».
19- Ou puisez-vous votre inspiration ?
Dans les livres… sur les sites internet de grands photographes. Classique mais efficace ! Je ne crois pas à la réinvention de la photographie, tout à été fait. Il faut y puiser ce qui nous touche pour le réinterpréter.
20- Une anecdote ?
Les voyages engendrent de nombreuses rencontres et des moments cocasses mais le plus marquant professionnellement est une anecdote lors du départ pour ma première production à l’étranger.
Je n’avais jamais côtoyé de photographes pro et je me suis très vite retrouvé sur la liste des photographes embarquant pour Miami. Une fois arrivé à l’aéroport avec ma petite valisette, la trouille au ventre, je dois retrouver les autres photographes. Je ne les connais pas, en fait je ne connais personne ici… Je vois arriver un petit groupe de gens avec chacun un énorme sac et des valises débordantes de matériel photo… Le décalage est net, je découvre le métier et ça se voit :p
21- Quels sont vos projets ? Comment imaginez-vous la suite de votre parcours ?
Mon travail devrait être diffusé dans le monde entier dans quelques semaines par une nouvelle agence internationale (trop tôt pour les détails). C’est un réel changement pour moi car aucun de mes reportages n’a été encore publié. Les voyages vont continuer, Venise, Kirghizie, Japon…je prépare les sujets. Je ne vise pas un objectif fixe, je découvre encore beaucoup de choses en photographie mais le photojournalisme et la photographie d’architecture seront toujours présents c’est certain.
22- Une remarque ?
Maintenant que vous avez tout lu…allez jeter un œil à mes photos, ça sera plus sympa que la lecture.
Merci Sandro !!!!
Son travail est accessible sur son site : http://www.sandrodicarlodarsa.com/.
admin is David NICOLAS, 16 ans, en Bretagne depuis près de 9 ans. Passionné par la vie en général et le monde qui m’entoure, j’étudie en première ES. Mais j’entretien une relation particulière avec la photographie, à laquelle je m’abandonne pleinement dés que j’ai un moment de libre. J’invite d’ailleurs les personnes intéressées à visiter mon site : www.davidou.com. Je m'épanouis dans les domaines de la mode/beauté, et du nu artistique.... Vous pouvez aussi me retrouver sur FlicR : http://www.flickr.com/photos/davidou_com/.
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quel ITW, merci a toi Sandro de nous livrer un peu de toi…
David, comme d’hab, tu nous dégottes de super trucs
Ah Sandro …
J’attends toujours avec impatience les annonces de ses projets de reportages, sur son blog. J’adore aussi ses photos d’architecture et d’Italie. Bref, un coup de coeur depuis longtemps. 
je suis tres ravis de decouvrir le pro que tu es .
je suis nouveau dans la photo et beaucoup pasionné par le photojournalisme que j’ai appris brièvement en observant un pro de reuter travailler .je veux vraiment apprend ma nouvelle passion mais helas ,ici , on est pas pris au serieux et aucune structure n’a été mise en place pour cela.
je cherche une formateur.
Alors je serai heureux de me voir guidé par un pro et je promet laissé des traces ici en Afrique .