Franck Gérard ( gripoil ) - Mode - Beauté - Nu Artistique

Posté par admin le 17 mar 2008 dans Photographes amateurs talentueux4 commentaires

Généreux, attentionné, amoureux, et passionné, Franck Gérard photographie les femmes en studio depuis peu. Sa recherche aiguisée de la perfection, son besoin inné de toujours s’améliorer lui ont permis d’évoluer très vite. Je vous invite à découvrir son univers dans cette interview !

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1- Comment et pourquoi avez-vous commencé à photographier ?
Par frustration :-) , comme quoi « à toute chose malheur est bon » !
Donc, me voici en 2006, m’échinant à essayer de capter les premiers sourires de ma pitchoune avec un compact qui déclenche toujours ½ seconde trop tard. Heureux hasard, un réflex numérique entrée de gamme en promo me fait sauter le pas.
Quelques mois passés en « tout auto », puis l’envie de chercher plus loin que le bout de mon nez (qui s’écrase trop fréquemment sur le viseur, avis aux constructeurs de boitiers…) et l’occasion de photographier les magnifiques paysages d’Irlande début 2007 me font progresser dans la maîtrise des bases techniques (expo, dynamique, sensibilité…).
A cette époque je passais facilement 3 ou 4 heures par jours sur les fora pour dévorer toutes sortes de conseils, j’ai du réduire un peu récemment.
En juin 2007, changement d’inspiration : cap sur « l’humain » (oulah c’est un grand mot, pour le démystifier je ne lui accorde pas sa majuscule d’usage) et la beauté féminine.
Mes premiers shoots fin juin 2007 avec modèle (j’en tremble encore, merci la stabilisation optique) ; j’en profite pour remercier Jeny qui la première m’a donné ma chance, avec un grand professionnalisme.
Que du bonheur depuis…

2- Pourquoi le studio ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec des lumières artificielles ?
Pour apprendre à créer. C’est une interprétation personnelle : j’essaie de « créer » ma lumière avec une source artificielle au lieu de « m’adapter » à la lumière naturelle disponible. J’y trouve une liberté, une source d’inspiration inépuisable et des rendus qui demanderaient une grande patience et une mise en place complexe en lumière naturelle.
La lumière naturelle m’effraie un peu pour l’instant, je ne sais pas encore bien la « lire » ; mais un de mes grands chantiers futurs est d’apprendre à la maîtriser, d’abord en la mélangeant avec une source artificielle puis en exploitant uniquement ses qualités intrinsèques.

3- Quel matériel utilisez vous ? Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?
Un Canon EOS 5D (plein format 12Mpix) avec des objectifs très lumineux, d’abord des zooms et plus récemment des focales fixes pour le portrait (85, 100, 135).
Comme on se « marie » plus ou moins avec une marque, j’ai évolué chez Canon depuis mon premier achat du 350D et mes gros investissements en objectifs. Mais si les « rouges » n’avaient pas proposé de 24×36 « abordable » (tout est relatif), j’aurais probablement changé de crèmerie.
Pour l’éclairage, j’ai investi dans un flash 900j avec fond et modeleurs, pour m’émanciper du coût de la location d’un studio en région parisienne.

4- Comment se présente votre studio ? Pouvez vous nous expliquer le placement des sources ?
Plutôt « mes » studios, pour faire grand seigneur :-D :
Soit chez moi, mon salon de 16m2, plein de meubles et avec une belle tapisserie jaune paille qui fausse la balance des blancs. Mais peu utilisé car j’évite d’expulser femme et enfant autant que faire se peut.
Soit chez une étudiante maquilleuse, une pièce de 6m sur 3 qui « rend » bien la lumière ;
Soit chez la modèle quand celle-ci veut et peut recevoir, dispose d’un espace suffisant et éventuellement d’un intérieur intéressant (parquet, murs patinés, brique, balcon avec vue…).
Le seul inconvénient réel de ce nomadisme partiel (outre les travaux d’Hercule pour déplacer le matériel) est la d’être dépendant du réseau câblé de la fée électricité…
En ce qui concerne le « Placement des sources », je n’en suis qu’à mes balbutiements donc je commence simplement : une source, occasionnellement un réflecteur. Et c’est fou ce qu’on peut faire, et ce qu’il y a à apprendre, en monosource !

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5- Quelles ont été les évènements “clé” de votre apprentissage ?
J’en citerai trois :
Un projet en cours depuis octobre 2007 avec une étudiante maquilleuse talentueuse, pour réaliser ensemble son book d’examen diplômant ;
Des stages : un stage d’initiation au studio en août 2007, et surtout un stage High-Key en janvier 2008 ;
L’achat d’un flash studio, un « investissement dans la liberté ».

7- Si vous deviez citer UNE référence en matière de photographie, quelle serait-elle ? Et en matière de studio ?
S’il faut comprendre Référence comme « but à atteindre qualitativement », alors se serait Cyril Lagel qui a un sens de l’esthétisme qui me « parle ».
Si Référence fait écho à « influence », alors c’est évidemment Olivier Chauvignat : coup de foudre sur son style dès que j’ai vu une de ses photos, jamais démenti depuis. Mais cette influence est bien trop perceptible dans mon travail actuel, ça fait partie de l’apprentissage d’ « apprendre à refaire » mais je suis conscient qu’il me faut m’émanciper : « there can be only one » :-) . Il me restera beaucoup de ce coup de cœur bien sûr (uniformité des hautes lumières, profondeur de champ…) mais je dois bâtir sur ces fondations avec mes propres envies, mes contraintes et mes libertés.

8- Comment ce déroule une séance ? Quels sont vos rapports avec les modèles ? Avez vous aussi des maquilleuses ?
« Une » séance… il faudrait décortiquer chaque séance, qui est unique.
Quelques points communs :
- On dit 2 heures et ça se transforme souvent en 4 (je parle donc en demi-journée maintenant, c’est plus prudent et réaliste) ;
- J’oublie à peu près à chaque fois de lancer la musique une fois que j’ai regardé les CD que la modèle a amené ;
- On profite du temps de maquillage pour échanger, discuter, se détendre si on ne s’est pas rencontré auparavant ;
- Un maquilleur / une maquilleuse fait une différence énorme sur la qualité du travail final. De plus, ces « gens de l’ombre » ont souvent plein d’idées à partager et un grain de folie toujours bienvenu.

Pendant le shoot les relations sont informelles, les échanges et l’écoute sont à double-sens c’est indispensable (la modèle peut très bien être à l’origine de la meilleure photo de séance, par une idée de prise de vue particulière, un point de vue personnel).
On ne coupe jamais la communication mais celle-ci n’est pas exclusivement verbale, les gestes et déplacements entraînent tout autant de réactions et de transitions que les mots. Il ne s’agit pas de parler sans cesse pour « meubler », car un silence peut parfois être le meilleur allié de la concentration et de la complicité quand on sent ensemble qu’il faut travailler une piste intéressante.

9- Le thème de la séance est il défini au préalable ou improvisez vous tout au long du shoot ?
En général les styles de pause et l’objectif de séance principal pour chacun (book perso, casting, essais lumière…) sont définis, discutés et structurés avant la séance.
Le thème lui-même est clairement établi dans le cadre du projet « book d’examen maquillage » de l’étudiante maquilleuse avec qui je shoote souvent, pour les autres projets cela dépend car les meilleures séances se font parfois dans l’urgence et la spontanéité, sans se figer dans un « carcan » de thème unique mais plutôt en réagissant à la façon dont une modèle m’inspire.
Il me faut tout de même un « fil conducteur » pour l’instant, car je ne conçois l’improvisation totale qu’avec une modèle que je connais bien et qui me connaît, et je n’ai pas encore le recul nécessaire car je « papillonne » un peu dans mes recherches de muses.

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10- Une fois la photo prise, comment l’exploitez vous ? Y a-t-il un gros travail de retouche ? Quelles sont-elles en général ?
Je ne travaille qu’en RAW (format brut), cela me donne une flexibilité surtout créative mais aussi parfois de correction de mes « défauts d’apprentissage ».
Le post-traitement est essentiel à mes yeux, LightRoom m’apporte d’ailleurs énormément de choses à explorer, creuser, recommencer…
Quant à la retouche, c’est une relation paradoxale que nous entretenons : je l’admire et je la déteste en même temps… Je n’avais jamais touché à un logiciel de retouche avant novembre 2007, donc j’en suis à mes balbutiements dans ce domaine. Je vois la retouche comme un supplice car je ne maîtrise pas et je peux passer un temps fou à trouver la bonne manipulation pour une tâche de base. C’est très énervant parfois, mais en même temps j’entrevois un monde créatif insoupçonnable donc il faut bien que j’apprenne…

11- Quels sont les photographes que vous admirez ?
Je ne vais pas être très original mais c’est Peter Lindbergh sans aucun doute.
Et le travail de Patrick Demarchelier.
Il y en a tellement d’autres, « Maîtres » ou amateurs éclairés (et forcenés ;-) ), que je ne vais pas déballer la liste.

De façon plus pragmatique, j’admire aussi « ceux qui se lancent » dans le milieu, comme indépendant, étudiant en photographie ou assistant de photographe. Je n’ai pas leur courage pour des raisons bassement matérialistes, donc j’envie ces gens et je rêve leur vie…
Je sais que je me prive ainsi du meilleur apprentissage possible (s’accomplir en autodidacte se fait rarement sans une base solide), et le prix à payer pour moi est une évolution incertaine, des errances et surtout d’énormes contraintes en termes de temps à allouer à ma passion.

12- Ou puisez vous votre inspiration ?
Dans les magasines, sur le net, dans la voix et les yeux des modèles, dans la tisane odorante… :-)

13- Une anecdote ?
Une expérience à part entière plutôt, pas bien heureuse mais très formatrice. Je tiens à la mentionner car le « faux-tographe » est à la mode mais pas le « maux-d’elle » (désolé si le terme n’est pas politiquement correct, je sais qu’il ne faut pas « toucher » aux modèles et tout et tout mais les Modèles sauront bien faire la part des choses) :
Une de mes toutes premières séances donc, avec une modèle coûteuse et expérimentée qui m’avait contacté. La séance se déroule bien, elle pause un peu mécaniquement mais avec un rythme et une initiative qui me conviennent parfaitement, étant incapable de diriger.
Quelques jours après la séance, je lui soumets les photos optimisées et elle me confirme par retour de mail qu’elle les aime beaucoup « et qu’elle connaît un ami retoucheur pro qui pourrait les parfaire ». Devant mon refus de sa proposition, elle me renvoie illico un mail « m’interdisant de publier une seule photo » (sic – papier signé avec son ajout manuscrit « publication avec accord de la modèle sur chaque photo »).
Un mois plus tard, « mes » photos affublées de retouches morphologiques grotesques faites par un tiers (quasi-disparition du nez, passage du bonnet B au E en 3 coups de pinceau magique…) remplissent allègrement son book et son MySpace.
Sous le coup de la colère j’ai bien du perdre au moins 20 heures à traquer ses différents sites et signaler les abus un par un, les photos ont disparu mais sont revenues 2 mois plus tard sur ses nouveaux sites, là j’ai laissé tomber car le jeu n’en vaut pas la chandelle : quelqu’un qui ne s’accepte pas à ce point est déjà bien assez malheureuse…
Moralité : j’ai troqué ce jour-là ma naïveté contre une confiance raisonnée, et je n’ai que de bonnes expériences depuis.
A bon entendeur, amis photographes (les vrais-tographes, s’entend).

15- Quels sont vos projets ? Comment imaginez-vous la suite de votre parcours ?
Elever ma femme avec ma fille… euh, non, l’inverse :-)
Photographiquement, j’ai plein de projets et peu de temps pour les réaliser. Alors je prends mon mal en patience, et j’essaie de gérer mes doutes…
Pour mon « parcours », j’en suis tellement au début que je ne cherche pas à me projeter. Une chose est sûre, cette passion ne me lâchera pas de sitôt.
Après s’il faut rêver, je peux parler d’EuroMillions, d’une ex-usine/atelier/studio, de matériel de folie, de voyages planétaires, de harems de top-modèles prêtes à pauser jour et nuit - houlà je m’égare là !…

16- Auriez vous envie d’essayer un autre type de photo ? Si oui, lequel ?
Autre qu’avec des modèles ? Pas en ce moment, je suis trop envoûté par ces échanges, ces rencontres, ces partages. Même les portraits de « vrais gens dans la vraie vie », si chers à certains, ne m’attirent pas dans l’immédiat ; je ne poursuis pas encore cette recherche de « saisir l’instant », mais je cherche à le « créer » par un jeu de comédie et d’ambiance.

Par contre j’ai très envie d’étoffer mes styles avec les modèles, de la mode au clair-obscur nu en passant par « l’alternatif » (même si je n’aime pas ce mot qui cherche à « exclure ») : chaque approche, chaque communauté (sans chercher à mettre les gens dans des cases, mais plutôt dans le sens « regroupement d’affinités ») peut m’apporter beaucoup, m’apprendre à « voir avec d’autres yeux » pour mieux montrer avec les miens.

17- Une remarque ?
Merci de m’avoir offert cette « page de liberté », bonnes photos à tous.

C’est moi qui te remercie Franck pour cette interview envoutante, passionnée…… ;)

Le reste de sont travail est exposé sur son portfolio : http://www.fg-spot.book.fr/

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admin is David NICOLAS, 16 ans, en Bretagne depuis près de 9 ans. Passionné par la vie en général et le monde qui m’entoure, j’étudie en première ES. Mais j’entretien une relation particulière avec la photographie, à laquelle je m’abandonne pleinement dés que j’ai un moment de libre. J’invite d’ailleurs les personnes intéressées à visiter mon site : www.davidou.com. Je m'épanouis dans les domaines de la mode/beauté, et du nu artistique.... Vous pouvez aussi me retrouver sur FlicR : http://www.flickr.com/photos/davidou_com/.
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4 commentaires

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  1. Avant de lire l’interview j’ai regardé les photos qu’elle contenait, j’y ai vu un style
    que je connaissais un peu et en lisant ces lignes j’y ai retrouvé le nom d’un photographe
    talentueux connu pour la qualité artistique de ses photo et surtout ses HK…

    Vos photos sont d’une grande beauté également avec une recherche artistique poussée.

    Bonne continuation.

    Fifaine

  2. j’adore de tres belle photo et un itw tres interessant…
    bonne continuation pour le plaisir de nos yeux ;)

  3. Un chaleureux MERCI Fifaine et Defecto1024 pour ces gentil commentaires très encourageants !
    Franck

  4. Un mec simple et sympa qui fait de très belles photos…
    A quand les publications, parce que tes tofs le valent bien…;)
    Chris

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