Christian Judei ( Dolphin ) - Portrait, Mode, Beauté et Nu artistique
Posté par admin le 6 avr 2008 dans Photographes amateurs talentueux • 4 commentairesSensible et attentionné, Christian Judei se protège et s’exprime grâce à ses photos. Toujours plus belles et créatives, elles révèlent les femmes de façon esthétique et naturelle. En quête constante d’évolution, et toujours prêt à partager sa passion avec d’autre, il nous invite à découvrir sa relation avec la photographie à travers cette interview, riche et passionnante !
1- Qu’est-ce qui vous a amené à photographier pour la première fois ? Pourquoi avez vous continué ?
Une maman travaillant chez Kodak, ayant toujours lors des activités familiales et des vacances une caméra et un appareil photo à la main ne pouvait que conduire à la même passion. Et donc très vite je lui ai « piqué » son appareil (une Retinette Kodak) vers l’âge de 10 ans. Ensuite mon premier appareil à ma communion (un Kodak Instamatic). Vers 15 ans je suis entré dans un club photo (celui dans lequel je suis retourné récemment), ensuite j’ai créé mon propre club pour aider les passionnés comme moi à apprendre la technique et s’exprimer..
2- Comment avez vous appris ? Pouvez vous nous dire quelles sont, selon vous, les “références” en matière de photographie ?
Je suis totalement autodidacte, j’ai appris sur le tas en regardant les photos des autres, m’abreuvant de nombreux livres techniques, expérimentant aussi bien en labo qu’en prises de vues. Mes références de l’époque furent Jeanlou Sieff pour ses paysages (coup de foudre sur son livre sur la Vallée de la Mort et l’utilisation du 20 mm) et Hamilton pour le fameux flou. Cartier-Bresson et Doisneau pour les ambiances, la vie.
3- Avec quel matériel travaillez vous ? Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?
Pendant de nombreuses années avec un Nikon F2, un Nikkorrmat ELW et ensuite 2 Nikon FM avec toutes une gamme d’objectifs fixes du 20 au 600 mm. Et un petit Minolta CLE. En argentique.
Quand je suis venu au numérique en 2001, j’ai débuté avec un Olympus E10 (à cette époque, le reflex était inabordable) puis en 2003 un FUJI S2 (quand le E10 a lâché au bout de 20 000 déclenchements la veille de partir en vacances !). Choix effectué sur la qualité du capteur et sur un boîtier Nikon. Il a aujourd’hui dans les 120 000 déclenchements.
Je n’ai pas de studio et deux vieux flashes Elinchrom 11 sans accessoires. J’utilise alors toutes sortes de lieux et si l’on peut me prêter du matériel de studio, c’est le grand luxe ! C’est donc souvent de la « bricole ».
4- Qu’est-ce qui vous à amené vers les photos de nu artistique ?
Pendant plus de 20 ans je ne faisais que du paysage et du reportage. J’ai fait une pause totale pendant environ 5 ans puis le virus m’a repris et, pour changer, j’ai souhaité faire des photos avec des modèles puisque j’en avais fait très peu. Le nu artistique n’est pas une finalité et en fait je suis venu au nu grâce aux modèles elles-mêmes. Je réalise des photos dénudées avec les modèles qui le souhaitent et le permettent et des photos plus « classiques » avec les autres. Grâce au respect envers elles, j’ai eu quelques fois l’honneur de réaliser des nus avec des modèles qui le refusent avec d’autres.
5- Pourquoi est-ce cette voie qui continue à vous séduire ? Qu’y trouvez vous ?
La voie de l’image avec modèles ? Et bien surtout à cause de l’échange et le travail relationnel qui sont très importants dans ce genre de photographies. Avant, cet échange je le trouvais très peu, qu’au moment de présenter ou exposer mes photos. Car pendant les longues promenades pour le paysage ou les reportages, ce rapport humain est peu existant ou très fugitif. C’est certainement du à mon travail d’animateur qui m’a toujours poussé à échanger avec les autres cette passion. Je le retrouve ici avec les modèles car je travaille toujours dans un esprit de collaboration : le modèle n’est pas un simple objet, il est important pour moi que la préparation d’une séance, la réalisation puis la post-prod se fassent ensemble, dans cet objectif de collaboration. Et quel plaisir quand le modèle exprime sa satisfaction lorsque les photos sont en ligne !
6- Quels conseils donneriez vous à un débutant en la matière ?
De chercher dans les bibliothèques et archives d’anciennes revues comportant des « cours » techniques, car malheureusement avec le numérique beaucoup se disent photographe sans même savoir à quoi sert un diaph. Certes, il y a beaucoup de belles images et quelques fois de grands artistes « instinctifs » ou « intuitifs » mais comme dit le proverbe « la technique ne sert à rien…. A condition de parfaitement la connaître ».
Ensuite, même si l’inspiration est importante car tout a été fait, ou presque, de se trouver un style et SURTOUT de s’y maintenir et de l’imposer quelque soient les critiques. J’ai personnellement horreur des « photocopieurs » qui, s’il savent parfaitement recréer une technique, produisent des photos sans signature personnelle.
7- Comment vous qualifieriez vous ?
Nous sommes généralement le plus mauvais juge de soi-même. Je pense être quelqu’un de très sensible et assez timide, la photographie doit certainement servir à me projeter, à m’exprimer. Passionné de l’image (pas uniquement photographique mais aussi cinématographique). Altruiste, souvent trop gentil ;). En tous cas je suis et reste volontairement amateur dans le sens noble du terme.
8- Quel est le souffle, les émotions que vous voulez faire passer à travers ces images ?
Franchement, je ne cherche pas à faire passer un message mais à susciter des émotions … sans un réel calcul car je me suis aperçu que mes meilleures images sont celles qui ont été improvisées à la prise de vues. C’est souvent plus instinctif que calculé.
9- Comment ce déroule le shooting ? Quels sont vos rapports avec les modèles ?
Comme je disais plus haut, la relation avec les modèles est très importante, c’est le moteur du résultat des images : sans complicité il n’y a pas d’image. Je crois que j’aurais beaucoup de mal à travailler par exemple avec des modèles d’agences. Certes je ferai des images mais qui resteraient techniques, sans réelle émotion. Pour que l’émotion passe dans l’image il faut qu’elle existe dans la « relation » entre le photographe et le modèle. Mais surtout cette relation ne doit pas être ambiguë car dans ce cas l’image est ratée. Une séance (mot que je préfère au mot « shooting » que je n’aime pas, je ne « tire » sur personne ! lol) se passe le plus simplement du monde : on la prépare (généralement par de nombreux échanges de mails), on la réalise et voilà , le plus simplement du monde, chacun y apporte sa sensibilité et sa technique pour que l’image ou la série soit ce que nous voulions qu’elle soit. Des fois même c’est le modèle qui amène l’idée, à moi de la mettre en forme.
10- Ou et comment trouvez vous vos modèles ?
Trouver des modèles impose, la plupart du temps, que le dit modèle ait l’envie d’être photographié et surtout aime ce que vous faites. Donc, la plupart du temps je trouve des modèles sur les sites spécialisés. Malheureusement de nos jours, 90% a trouvé le « bon plan » pour se faire de l’argent facile, surtout au travers des « faux-tographes » nés avec le numérique dont les objectifs s’éloignent bien souvent de la photographie, même si certains s’en défendent farouchement. C’est pour ça que, notamment, je suis membre actif d’une association de défense des modèles et mannequins. Il m’est aussi arrivé de trouver des modèles par le plus grand des hasards, dans un magasin par exemple, ou la rue. Mais en fait, avec le recul, je me rends compte que les modèles avec qui je travaille le plus souvent sont des modèles qui m’ont directement contactés, spontanément..
11- Quels sont les photographes que vous admirez ? Et ou puisez vous votre inspiration ?
Sieff Cartier-Bresson, Doisneau, et plus actuel, sur Internet, un photographe que j’admire Jean-Sébastien Monzani ( http://www.simplemoment.com/ )…. Mais y en a aussi bien d’autres, je visite souvent les sites de photographies sur le web et regarde beaucoup d’images.
12- Quel regard portez vous sur la photographie en général ? Et sur le nu artistique ?
Franchement, pas un très bon regard surtout dans cette catégorie qui touche les modèles et encore plus le nu. Beaucoup d’ego demeurés de la part de photographes dont pour certains la photo est un prétexte (notamment quand on collecte les « plaintes » des modèles) et beaucoup de « staractisation » de la part de modèles qui se prennent vite pour des starlettes ! Mais ne soyons pas négatif, il y a dans cet océan d’un « monde de brutes » nombre d’îles paradisiaques où s’y produisent d’excellent photographes et de superbes modèles, ce sont ces îles que je préfère visiter..
13- Une petite anecdote
Difficile de choisir, il y en a beaucoup trop !
14- Quelles sont vos projets ? Comment imaginez-vous la suite de votre parcours ?
N’étant pas du style à répéter maintes fois la même chose, faire toujours les mêmes images et surtout la routine m’ennuie profondément, les objectifs sont surtout de réaliser des images, des thèmes, des séries non encore traités. Je ne préfère pas imaginer car mon expérience m’a montrée que les projets ne vont pas toujours dans le sens où on le souhaitais alors que bien souvent arrivent de très bonnes surprises aux moments où l’ont en attend le moins. ![]()
J’ai des envie de photos avec des modèles dans de nombreux lieux naturels (plage, etc.).
De plus, j’ai des modèles qui sont devenues des amies maintenant depuis des années et qui passent de l’autre côté de l’objectif et à leur demande je vais les aider à acquérir la technique pour réaliser leurs images.
15- Auriez vous envie d’essayer un autre type de photo ? Si oui, lequel ?
Oui et non, je sais pas trop, j’ai fait tellement de styles… Je suis toujours ouvert à des envies, des propositions, car il m’arrive souvent que des thèmes se réalisent grâces à des modèles qui on un style.
16- Une remarque ?
Vivement qu’il fasse beau pour reprendre l’extérieur !!
Merci beaucoup Dolphin de nous faire partager ta passion pour la photographie à travers cette interview !
Son club photo et ses galeries sont visibles sur son site : http://www.dolphin2001.net
admin is David NICOLAS, 16 ans, en Bretagne depuis près de 9 ans. Passionné par la vie en général et le monde qui m’entoure, j’étudie en première ES. Mais j’entretien une relation particulière avec la photographie, à laquelle je m’abandonne pleinement dés que j’ai un moment de libre. J’invite d’ailleurs les personnes intéressées à visiter mon site : www.davidou.com. Je m'épanouis dans les domaines de la mode/beauté, et du nu artistique.... Vous pouvez aussi me retrouver sur FlicR : http://www.flickr.com/photos/davidou_com/.
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Ca fait plaisir de lire enfin monsieur Dolphin qui, meme s’il ne le sait pas, a inspiré et aider énormément de monde (et moi le premier) via ses pages web.
Un passionné, un vrai.
merci pour l’interview complet de Christian Judei
Toujours égal à lui-même…
Et même si parfois je “peste”, ce sobriquet ne m’a pas été attribué pour rien :o) :o)
contre certaines “longueurs” dans ses interventions sur certains sujets ;o), il reste
tout de même un excellent “technicien”, très créatif et jamais à court d’idées…
Contrairement à d’autres ses images sont très diversifiées sur le plan de la technique,
l’éclairage, les compositions, le traitement, etc. et il sait également utiliser la lumière naturelle,
et en lisant sont interwiew je comprends mieux pourquoi, puisqu’il a commencé par la photo
de paysage, chose que je ne savais pas…
Bonne continuation…
Fifaine
Bonjour Mr Judei
Je regarde très souvent votre site et effectivement cette complicité que vous avez noué avec vos modèles y apparait à travers vos photos. J’aime beaucoup beaucoup votre inventivité, un exemple pour moi.
Merci pour cet excellent article